Les élections d'octobre comme catalyseur d'un re-rating du marché brésilien ?
information fournie par Zonebourse 21/04/2026 à 19:14
Le Brésil a déjà beaucoup monté, mais reste loin d'être cher
Malgré cette envolée, le marché actions brésilien reste l'un des moins chers du G20, avec un ratio "Shiller PE" d'environ 14x (capitalisation boursière rapportée aux bénéfices normalisés des dix dernières années). Seule la Turquie présente une valorisation plus faible (9x), mais en raison d'une situation macroéconomique très instable, marquée par une inflation à plus de deux chiffres depuis plusieurs années. À titre de comparaison, la Chine présente un Shiller PE d'environ 15x, l'Afrique du Sud d'environ 23x et l'Inde d'environ 31x.
Cette faible valorisation est intéressante, car les élections présidentielles d'octobre pourraient représenter un catalyseur de re-rating du marché brésilien. En effet, le président actuel, Luiz Inácio Lula da Silva, recule depuis plusieurs mois sur les sites de paris en ligne comme Polymarket au profit d'un candidat considéré comme plus libéral, qui n'est autre que le fils de l'ancien président Bolsonaro : Flávio Bolsonaro. Les deux candidats sont désormais au coude à coude dans les sondages, avec une dynamique récente positive pour le candidat de droite.
Le vrai catalyseur pourrait désormais venir de l'élection présidentielle
Les récents exemples dans le reste de l'Amérique du Sud, en premier lieu en Argentine en 2023, suggèrent qu'une élection de Flávio Bolsonaro pourrait être l'issue la plus positive pour le marché boursier brésilien. Cela paraît d'autant plus plausible que le plus gros problème actuel de l'économie brésilienne est un déficit public encore trop important, d'environ 8% en 2025 pour la troisième année consécutive.
Les opérateurs pourraient commencer à intégrer ce scénario puisque, historiquement, les marchés ont tendance à commencer à anticiper l'issue du vote six mois avant les élections. Si la dynamique récente en faveur de Bolsonaro se poursuit, nous pourrions donc observer une poursuite de la revalorisation du marché brésilien.
Par ailleurs, compte tenu de la proximité du camp Bolsonaro avec Donald Trump, l'élection de Flávio Bolsonaro réduirait probablement le risque de nouvelles tensions commerciales entre Washington et Brasilia.
Les valeurs les plus susceptibles de profiter d'un scénario plus favorable au Brésil sont les financières, en particulier Itaú Unibanco, Bradesco, Banco do Brasil et Santander Brasil. Une amélioration du cadre budgétaire et un reflux plus durable de l'inflation donneraient à la banque centrale davantage de marge pour accélérer ses baisses de taux, ce qui soutiendrait le crédit, la qualité d'actifs et potentiellement la revalorisation du secteur.
Le pari brésilien reste attractif, mais pas sans angles morts
Le marché brésilien n'est toutefois pas sans risque. Le premier risque reste budgétaire : le FMI souligne encore un niveau de dette publique élevé et des rigidités de dépenses qui limitent la marge de manoeuvre de l'État. Le deuxième risque est monétaire : la banque centrale a bien commencé à baisser son taux directeur en mars 2026, à 14,75%, mais elle reste prudente en raison des incertitudes sur l'inflation. Le troisième risque est celui du change : le réal peut rester volatil, avec un effet direct sur l'inflation et donc sur les taux. Enfin, il faut ajouter le risque politique et réglementaire, la forte exposition du marché aux matières premières et à la demande chinoise, ainsi que des standards de gouvernance moins prévisibles que dans les marchés développés.
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